L’art du vitrail

Depuis leur invention, les vitraux soutiennent les prières des pèlerins et illustrent les textes lus durant les offices. Entre rappel liturgique et support de la parole divine du Créateur, l’art du vitrail a progressivement remplacé les fresques dans les cathédrales. Mais quelle est donc son histoire ?

Le vitrail est une “composition translucide faite de pièces de verre, en général colorées, enchâssées dans des cadres de plomb. […] Il peut être figuratif : représenter des scènes de vie et raconter une histoire ou abstrait : constitué de formes géométriques. ” Source: Eglise catholique en France

Une technique du vitrail progressivement mise au point:

Au moyen-âge, les vitraux étaient composés de plusieurs pièces en verre maintenues par un réseau de plomb. Au départ, chaque morceau de verre ne comportait qu’une seule couleur. Ces pièce de verre nécessitaient, aux prémices de cet art, un savoir-faire complexe. En effet, il était fabriqué à partir d’une pâte, composée de silice et de nitre, amenée au point de fusion, puis mélangée avec du verre brisé et des cendres végétales. C’est au cours de la fusion qu’on rajoute les différents pigments colorants. Très fragiles , les vitraux sont d’abord épais, soit assez peu transparents. Arrive ensuite la technique du soufflage, effectué soit selon le manchon soit selon la cive, pour réaliser les feuilles de verre.

On moule ensuite le verre selon une maquette en carton grandeur réelle réalisée par le maître verrier. On utilise alors un fer rouge afin de créer des chocs thermiques pour couper le verre. Les verriers n’emploient la technique du diamant que bien plus tard. Une fois les morceaux coupés et retaillés, le maître verrier repeint le modelé des personnages. Il place alors dans un four sur de l’argile les morceaux de verre afin de les cuir.

Une fois ses plaques cuites, il dépose les baguettes de plomb, met en place son armature métallique et pose la verrière avant de la fixer dans la baie.

Vitrail

Pigments et coloration du vitrail:

La beauté de la coloration du vitrail repose bien évidemment sur la lumière. Cette dernière, par un jeu de réflexion et réfraction va illuminer d’une certaine manière les surfaces qu’elle traverse. En ce qui concerne la coloration même du verre, elle peut soit être directe, c’est à dire par l’ajout de mélanges de colorants, ou indirecte, apparaissant naturellement lors du réchauffement du verre.

Le maître verrier utilise différentes matières ajoutées à sa silice pendant la fusion. Il existe par exemple l’oxyde de cobalt ou de manganèse pour le bleu et le violet du chrome pour le jaune ou encore du sélénium pour le rouge. A savoir que chaque couleur laisse plus au moins passer la lumière. Là où le bleu est très lumineux, le violet sera par exemple très sombre.