Qu’est-ce que l’enluminure ?

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’enluminure ne se résume pas aux lettrines. Il convient donc de dire que l’enluminure regroupe les illustrations faites à la main et qui représentent un texte manuscrit. Les enluminures, outre le caractère esthétique avaient un grand rôle puisqu’elles permettaient de mieux capter l’attention et d’inscrire les écrits dans la mémoire.
Cet art, dont je vous détaillerai la technique juste après, regroupe donc:

  • Les lettrines ou initiales
  • Les scènes figurées et/ou historiées
  • Des éléments de décorations
  • Des éléments inclassables plus iconographiques et aidant à la nomenclature

enluminure chrétiennes

Une technique bien rodée :

Les moines artistes (pictor) enluminaient les manuscrits, rédigés et recopiés par les moines copistes (scriptor). La technique consiste en trois points: l’esquisse, le mélange des pigments avec les liants et le coloriage couche par couche.

Dans un premier temps, les moines artistes dessinaient les contours au crayon, sur les parchemins rédigés. Ces derniers étaient généralement faits en peau de chèvre ou de mouton. Il ne faut pas croire qu’il  n’existe pas des enluminures faites sur rouleaux de papyrus. Cependant ces derniers supportaient moins bien que les peaux de bêtes les couches de peintures. Le moine applique ensuite une feuille d’or, et dans une assiette mélange les pigments avec les liants selon des recettes précises. Les couleurs étaient obtenues à partir de produits naturels: végétaux, animaux ou minéraux. La fleur de safran donne du jaune, la racine de garance du rouge, le lapis-lazuli du bleu etc. Quant aux liants, on utilisait les colles de poisson, le blanc d’œuf, ou encore les résines et gommes. Il faut savoir que les couleurs se mélangeaient assez mal, c’est pourquoi plusieurs couches étaient appliquées.

Des règles strictes dans l’art de l’enluminure:

L’art de l’enluminure n’est pas destiné à tout le monde. Seuls les moines sonts habilités à décorer les écritures saintes. Ces derniers se devaient également de respecter certaines contraintes d’illustrations et de respecter le travail iconographique. Ce qui implique un certain nombre de choses. Ainsi, l’enlumineur n’est pas libre de décorer comme bon lui semble. Il doit suivre des indications écrites précises. Seuls les grands artistes possèdent une plus large liberté de manœuvre.

En outre, les femmes n’ont pas le droit d’enluminer des manuscrits. Ni même d’accéder à une quelconque formation. A l’époque, ça aurait été un sacrilège que de laisser une femme exercer cet art.